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LE CALVAIRE DES PRISONNIERS DANS LES CAMPS

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LE CALVAIRE DES PRISONNIERS DANS LES CAMPS

Message par Admin le Dim 28 Aoû 2016 - 15:27

Le calvaire des prisonniers des camps Vietminh-INDOCHINE 1946-1954



De 1945 à 1954, il y a eu environ 37 000 prisonniers militaires du Vietminh, dont 71% sont morts en captivité, soit environ 26 200 personnes.
De 1945 à 1950 il y eu peu de détenus dans des camps : soit ils étaient exécutés, soit ils étaient exhibés dans les villages après de longues marches, si ces dernières n’avaient pas été fatales.
C’est à partir de 1950 et surtout en 1953-54, que les camps se développent et effectuent leur œuvre de mort sur une grande échelle.
Sur les 2000 prisonniers capturés en 1950 lors du désastre de la RC4, seulement 32 survivants étaient au camp numéro 1 en 1952 (seuls 200 blessés ont été rendus fin 1950).

Sur les 10 000 prisonniers de Dien Bien Phu qui doivent endurer une marche de la mort pour regagner les camps, 70 % périssent en moins de 4 mois.
63 % des prisonniers rendus nécessitent une hospitalisation. Les prisonniers libérés, pour la plupart à la fin de la guerre en 1954 (seuls 3000 prisonniers sont libérés dans le cadre d’échanges entre fin 1950 et fin 1953) sont squelettiques, souvent dans un état de faiblesse extrême. Malgré les soins de dernière heure dans les camps pour les rendre présentables, leur aspect évoque celui des rescapés des camps de concentration nazis et le contraste est frappant avec les prisonniers vietminh rendus par les Français.
Le Vietminh ne reconnaît pas la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et pendant toute la durée du conflit, la Croix Rouge ne reçoit jamais l’autorisation de visiter les camps.
Les médecins prisonniers sont, sauf à de très rares exceptions, interdits de pratique.
Les camps étant implantés dans des zones difficiles d’accès, les chances d’évasion sont très faibles. Ceux qui y parviennent, isolés dans la jungle et entourés d’une population en général hostile sont presque systématiquement repris puis tués ou torturés pour l’exemple.
Il existe environ 130 camps, les plus importants se trouvent au Tonkin et sont parfois volants, situés dans des endroits qui rendent le repérage aérien difficile, voire impossible. Ce sont souvent des misérables villages de paillotes, construites et entretenues par les prisonniers eux-mêmes, dénués de clôture, l’environnement hostile étant suffisamment dissuasif. Dans ces régions au climat difficile, les installations ouvertes à tous les vents et sans hygiène, livrent les prisonniers à moitié nus aux moustiques et autres bêtes ainsi qu’aux maladies, puis les malades à la mort, quelquefois après un passage à " l’infirmerie ", sorte de morgue immonde d’où l’on ne sort jamais vivant.
Parmi les punitions, l’une des plus terribles est le séjour prolongé dans la sinistre "cage à buffles " sous une maison sur pilotis où le prisonnier, attaché à un poteau dans une eau putride sans pouvoir se protéger des piqûres d’insectes, est parfois supplicié jusqu‘à la folie et la mort.
Les camps Vietminh présentent tous les mêmes caractéristiques : installations délabrées, insalubrité, conditions inhumaines, endoctrinement systématique, régime alimentaire affamant, saleté et promiscuité, absence de soins pour les malades, sévices à la moindre incartade ou rébellion et donc mortalité très forte sur de courtes périodes. Les morts sont inhumés sommairement, sans linceul ni cercueil, par les prisonniers qui le peuvent.


Durant la journée, les corvées sont nombreuses et épuisantes pour ces hommes décharnés, privés de soins et très peu nourris. Celui qui ne peut ou ne veut plus se lever, par épuisement ou désespérance, est voué à une mort rapide.
Les séances de lavage de cerveau et de " cours politiques ", régulières, longues et obligatoires, demandent un simulacre de participation et aboutissent à des manifestes d’autocritique et d’endoctrinement que les prisonniers doivent signer, sinon le pire leur est réservé.
Parfois des séances de tribunal populaire sont organisées avec les détenus pour juger un ou plusieurs "fautifs". Tous subissent des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.
Le parti communiste français, très mobilisé contre la guerre d’Indochine et le corps expéditionnaire, soutient ouvertement le Vietminh.
A cet égard, le député Frédéric Dupont s’indigne à l’Assemblée nationale de ce que " l’Humanité du 6 mars 1952 puisse écrire : félicitations au succès du Vietminh. Nous sommes de cœur avec lui. Nous envoyons aux troupes du Vietminh notre fraternel salut et notre témoignage de solidarité agissante."
Au cours de la même séance, le député Pierre André déclare " Depuis plusieurs jours, l’Humanité publie des articles de M. Pierre Courtade sur l’Indochine. Ce journaliste y parle des armées de l’Union française en termes insultants. Il fait mieux : il appelle nos officiers et nos soldats l’ennemi. " (A.N 2ème séance du 19 décembre 1952 JO p. 6643 et 6647). Comme d’autres partis communistes, le parti communiste français conseille le Vietminh sur les thèmes de propagande à développer auprès des prisonniers du CEFEO. Certains de ses militants iront même jusqu’à accueillir avec des insultes et des jets de projectiles voire des crachats, les rescapés qui débarquent à Marseille, y compris les "morts vivants" sur leurs civières.
Une mortalité sans précédent (thèse du Colonel R Bonnafous (Université Paul Valery 1985)
Soldats français et Légionnaires12 800 prisonniers ou disparus
5 100 libérés
Soldats africains et nord-africains8 400 prisonniers ou disparus
4 200 libérés
Soldats autochtones15 800 prisonniers ou disparus
1 400 libérés soit moins de 10%
Sources : documentation de l’ANAPI (Association nationale des anciens prisonniers, internés et déportés d’Indochine) Yves de Sesmaisons, ancien des camps 15, 113 et 25 en 1951/52
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PSEUDO : RAFFALLI CALVI
PAYS : FRANCE / CORSE
Masculin Age : 71

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