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LUNDI 15 MAI 1978

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LUNDI 15 MAI 1978

Message par LUCIEN le Ven 29 Juil 2016 - 17:56

15 mai, lundi de Pentecôte : selon certaines informations, plusieurs centaines de rebelles quittent la ville dans des véhicules volés ; il ne reste qu’un millier d’hommes encadrés par des Cubains. La plupart sont installés en banlieue, dans la ville de Manika.

        A Kinshasa, les ambassadeurs français, américain et belge se rencontrent une fois par jour, chez l’un ou chez l’autre, pour faire de point. André Ross pour la France. Rittveger de Moor pour la Belgique- rentré précipitamment de vacances pour reprendre son poste laissé à son chargé d’affaires Van Sina, attaché commercial. Cutler, pour les U.S.A., en relation étroite avec André Ross depuis le 13 mai.

        Dans la matinée, les inquiétudes de l’ambassadeur à Kinshasa et du chef de la mission militaire ne réussissent pas à secouer le scepticisme de Paris.

        A l’apparente mansuétude des rebelles katangais à l’égard de Européens, à leur relative discipline a succédé un raidissement de leur attitude. Déjà sont signalés des pillages, des exactions, des exécutions sommaires.

        Six coopérants militaires français de l’assistance militaire technique chargés de la maintenance du peloton des Panhard A.M.L. 60, qui se trouvent à l’hôtel Impala, prisonniers depuis le 13, sont emmenés en Jeep par les rebelles ; ils disparaissent à jamais, sans doute exécutés.

        L’inquiétude règne dans les chancelleries alliées ; les Américains ont mis la 82e Airborne en alerte ; les Britanniques les ont imités avec un bataillon aérotransportable, et les Belges avec les paras-commandos ; mais pour les Belges, ils souhaitent une opération qui se veut, avant tout, humanitaire ; enfin le président Mobutu n’a pas demandé à la France une intervention armée.

    Les Belges ont des intérêts considérables au Zaïre où ils comptent 40 000 ressortissants ; ils n’envisagent pas un tête-à-tête avec les Français. Dans cette affaire, ils cherchent le patronage des Etats-Unis. Par ailleurs, le régime des partis à Bruxelles paralyse l’action du gouvernement avec des négociations épuisantes entre les formations du pouvoir et des affrontements violents entre le Premier ministre social-chrétien Léo Tindemans et le ministre socialiste des Affaires Etrangères, Henri Simonet.

    Les Katangais constituent une force sérieuse dans une guerre de type africain ; avec deux modes d’action : l’attaque par surprise suivie d’un massacre et la dérobade rapide devant un adversaire jugé trop fort.

    A 10 heures, l’ambassadeur Ross a copie d’un message reçu de Kolwezi : ‘’la communauté belge de Kolwezi vient de demander à Bruxelles une intervention rapide’’. Il en fait part téléphoniquement à l’Elysée.

    Dans l’après-midi, le général Mobutu convoque le major Mahele, commandant le 311e bataillon parachutiste et lui donne une mission : des parachutistes seront largués sur Kolwezi, non loin du siège de l’état-major local des F.A.Z. qui résiste encore tandis que le reste du bataillon, aux ordres du major, fera mouvement par la route de Lubumbashi vers Kolwezi. Le colonel Gras, chef de l’A.M.F., n’est pas immédiatement informé de cette opération.

    Le Quartier Général de la 1ère Région militaire à Kolwezi est toujours tenu par une cinquantaine de soldats zaïrois sous les ordres du colonel Bosangé, chef d’état-major. Le général Dikuta s’est prudemment replié dès Samedi sur le P.C. de la 14e brigade, au camp Nzilo, à 30 kilomètres de Kolwezi, au nord. Bosangé est en liaison radio avec l’E.M.G. zaïrois.

    Le général Chikeba, commandant de la 14e brigade, sera condamné à mort par le Président Mobutu pour désertion de poste. Sa peine sera commuée en détention à vie. Le colonel Fété Mupasa, chef d’état-major de la 5e circonscription de Kanaga, réussit à s’échapper à ses gardiens. Il sera récupéré par des légionnaires à la limite de la cité Manika.

    Dès que le colonel Gras en est informé, il demande au colonel Chabert au C.O.A. à Paris l’autorisation de faire accompagner les parachutistes zaïrois par leurs instructeurs français. La réponse est formelle : pas de Français au Shaba.

    Dans la soirée, à un cocktail offert par les Marocains, les Zaïrois font bande à part, affectant le plus grand calme mais les officiers ont gardé leur petit poste émetteur ; le colonel Yves Gras cherche à convaincre M. Van Sina, le chargé d’affaires belge, de la nécessité d’une intervention.

    Le colonel Yves Gras décide de mettre sur pied le schéma tactique de l’O.A.P. sur Kolwezi, avec le colonel Larzul pour adjoint, ayant à sa charge la recherche et la classification des renseignements opérationnels, le lieutenant-colonel Vagner pour organiser l’opération proprement dite et le commandant Capelli.

    Par ailleurs, dans le cadre de la mission de l’A.M.F., le lieutenant-colonel Brenot doit résoudre tous les problèmes concernant les Mirage, le capitaine Cochet veille à la maintenance des hélicoptères, le lieutenant-colonel Bardet est responsable des automitrailleuses ; quand au lieutenant-colonel Ballade et ses cadres, ils ont la lourde charge de former la brigade parachutiste zaïroise.

    Le colonel Gras prévoit également un autre plan, réalisable avec les seules forces des F.A.Z. Il en soumet l’idée au général Ba Bia : mettre en place à Lubumbashi un renfort constitué de trois bataillons, le 133e basé à Kinshasa, le 311e para à l’instruction à N’Djili et le bataillon des élèves officiers du Kananga. Ces trois bataillons pourraient être aérotransportés. La mission principale serait de tenir le pont de Lualaba, à trente kilomètres à l’est de Kolwezi. Le plan est approuvé par l’état-major mais seuls deux des bataillons arrivent à Lubumbashi.

    A 20 heures, l’ambassadeur Ross reçoit deux hauts responsables de la Gécamines, arrivés par leur avion spécial de Lubumbashi, un Belge M. Lauwers et un Français, M. Rocher, directeur financier. Ils insistent pour une intervention rapide. M Lauwers est un ami de Vanden Boyenants, vice-premier ministre et ministre de la Défense. Le cabinet belge est partagé.

    Peu après 21 heures, la présence de six militaires français à Kolwezi, prisonniers des rebelles, est signalée dans une dépêche de Belga, de l’agence de presse belge, datée de Paris.

    L’ambassadeur Francis Huré fait une démarche auprès d’Alfred Cahen, directeur de cabinet du ministre belge Henri Simonet, après la diffusion de cette nouvelle. Alfred Cahen se rétracte. Trop tard. Pourquoi les Belges insistent-ils tellement sur ces coopérants militaires ?

    Jusqu’au bout, Henri Simonet, le ministre socialiste belge des Affaires étrangères, va conserver l’espoir d’un arrangement à l’amiable avec le F.N.L.C. via ses représentants en Belgique et la constitution d’une grande force militaire ne sera à ses yeux qu’un élément de la négociation.
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