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MARDI 16 MAI 1978

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MARDI 16 MAI 1978

Message par LUCIEN le Ven 29 Juil 2016 - 17:58

Mardi 16 mai : à Kolwezi, la situation empire d’heure en heure. L’ambassadeur Ross reçoit des informations alarmantes, avec des tribunaux d’exception et des exécutions sommaires.

    A 7 heures, le colonel Gras fait le point avec le colonel Gérin-Roze, officier ‘’Terre’’ à l’Elysée et lui demande que le général Vanbremeersch le rappelle.

    Puis il invite le colonel Bleus, chef de la mission de coopération militaire belge pour mettre au point un message réclamant une intervention militaire d’urgence à leurs autorités respectives.

    A 9 heures, le colonel Gras en rend compte au colonel Chabert du Centre Opérationnel des Armées, le C.O.A.

    A 9 heures 30 à Paris, le Président reçoit à l’Elysée les trois ministres prévenus la veille : Louis de Guiringaud, chargé des Affaires étrangères, Yvon Bourges, ministre de la Défense nationale et Robert Galley, ministre de la Coopération. La situation à Kolwezi est à l’ordre du jour. Le cas des six coopérants militaires, qui relèvent du général Le Hénaff, chef de mission militaire au Ministère de la Coopération, est évoqué. Mais il n’y que peu d’informations.

    Seul Yvon Bourges est convaincu de la volonté d’agir du Chef de l’Etat alors que Louis de Guiringaud et Robert Galley restent sceptiques. Mais le Président estime que l’affaire concerne les Belges et il est persuadé que Bruxelles va prendre l’initiative des opérations.

    A 10 heures, la 2e compagnie du 311e bataillon de parachutistes zaïrois est larguée sur Kolwezi, à l’est de la nouvelle ville, à proximité de l’ancien état-major des F.A.Z. Des hommes sont tués en l’air. D’autres sont fusillés à bout portant dès leur arrivée. Quelques uns échappent à la tuerie. La 2e compagnie est rayée des effectifs. En tant qu’unité constituée, elle n’existe plus.

    Cette tragédie va déclencher des massacres d’Européens et d’Africains ; de plus, certains, par inconscience, légèreté ou sciemment, vont diffuser, le plus largement possible, des dépêches tendancieuses qui vont jeter de l’huile sur le brasier. Le Q.G. des F.N.L.C. à Kolwezi rédige un communiqué de victoire, repris par la délégation du F.N.L.C. de Bruxelles : ‘’des centaines de parachutistes européens ont été tués à Kolwezi par les Katangais’’.

    Les rebelles katangais se livrent alors au pillage, commettent des exactions, massacrent plusieurs centaines de civils zaïrois et menacent physiquement la population blanche de la ville. Au moment où une action militaire est envisagée sur Kolwezi, cette dernière devient la cible des rebelles. Déjà des exécutions sommaires ont lieu et les Européens emprisonnés s’attendent à être massacrés par la soldatesque livrée à elle-même et que plus personne ne semble commander. Des officiers cubains et même un conseiller de l’Allemagne de l’Est avoueront avoir été débordés par l’ampleur du désordre et de l’indiscipline des Tigres qui assassinent hommes, femmes et enfants après avoir violé les femmes. Les Katangais mettent la ville à sac, pillant les boutiques, saccageant les villas, buvant tout ce qui se boit, violant et tuant sans discernement.De nombreux Katangais sont drogués au chanvre, ce qui leur donne les yeux fous, provoque une exaltation et entraîne la disparition de tout contrôle de soi.


    A 10 heures, l’ambassadeur Ross et le colonel Gras sont reçus par le Président Mobutu qui affiche toujours ce même air placide et serein. Pour lui, les F.A.Z. contrôlent la situation.

    De retour à l’ambassade, l’ambassadeur Ross rédige un long télégramme à l’intention du Président Giscard : il donne les quatre raisons qui motivent le déclenchement urgent d’une opération aéroportée, dans les quarante-huit heures :

    les 3 000 Européens à Kolwezi sont des otages aux mains des Katangais.

    Les exécutions sommaires, les assassinats, les pillages laissent redouter des massacres plus importants encore.

    La situation empire d’heure en heure.

    Il est à redouter que les rebelles, bien installés, commencent à opérer un regroupement la population pour des exécutions massives.

    A 11 heures, le général Loisillon, sous-chef opérationnel à l’E.M.A. s’envole de Villacoublay pour Bruxelles où, accompagné du colonel Roger Le Guyader, attaché militaire, il se rend à l’état-major belge. Français et Belges décident de se communiquer éventuellement leurs plans.

    A 11 heures, le P.C. des F.A.Z. subit de nouvelles attaques. La situation est confuse. Les Zaïrois se défendent pour sauver leur vie. Puis les Zaïrois, le moral brisé, sont en déroute. La garnison est constituée de soldats qui viennent du Nord, notamment des Bantous. Une haine raciale les oppose de tout temps aux tribus du Sud qui parlent le swahili. Ils savent qu’ils ne seront pas traités en prisonniers, mais en ennemis. Après une résistance de cinq jours, ils décrochent. Une seule solution, la fuite. Par petits groupes, ils espèrent atteindre la savane.

    Pendant ce temps, le major Mahele avec la 1ère compagnie et la section de commandement, soit 200 hommes sur les 500 que compte le 311e bataillon de paras, quitte Lubumbashi pour parcourir 150 kilomètres dans une zone hostile. Il marque une pause au pont de Luabala, tenu par une compagnie du 133e B.I. qui l’a précédé. Après les marais de Kazembe, le détachement tombe dans une embuscade soigneusement étudiée par les Katangais, précise, meurtrière. Les paras sautent des camions. Un flottement est perceptible. Debout, seul au milieu de la route, le major ouvre le feu ; les parachutistes, galvanisés, contre-attaquent. Surpris par cette vigoureuse riposte, la première depuis le début de leur offensive, les rebelles s’enfuient et disparaissent dans les hautes herbes. Quatre soldats sont tués, une dizaine de blessés. La progression reprend ; l’accueil est violent à un kilomètre de l’aérodrome et les hommes hésitent ; une nouvelle fois, le major doit donner l’exemple et les parachutistes se lancent à l’assaut. Au cours de ce raid, les parachutistes zaïrois ont tué une centaine de Katangais.


                A 14 heures 15, l’aérodrome de Kolwezi est entre les mains des parachutistes du major Mahele.

 

                L’ambassadeur reçoit un Français de Lubumbashi, qui a eu des conversations téléphoniques avec des compatriotes de Kolwezi et qui confirme les propos de M. Thauvin, consul de France. Les exécutions se multiplient et les Français vivent dans la terreur.

                De son côté, le colonel Gras multiplie les contacts avec l’Elysée, - le colonel Gérin-Roze, représentant de l’armée de terre à l’état-major du président de la République, puis le général Vanbremeersch, chef d’état-major – et avec l’E.M.A. – général du Payrat, chef de la division emploi, colonel Chabert des Troupes de Marine, général Loisillon, sous-chef opérationnel.

                Le colonel Gras a du mal à garder son calme : l’E.M.A. attend les Belges !

                A 15 heures 15, l’ambassadeur Francis Huré est reçu par le ministre belge des Affaires étrangères, Henri Simonet qui lui dit : ‘’Nous allons faire quelque chose. L’évacuation des ressortissants étrangers peut devenir nécessaire. Elle réclamera peut-être une couverture militaire. Pouvons-nous envisager quelque chose ensemble ?’’.

 

    A 18 heures, le 311e bataillon de parachutistes zaïrois repousse une contre-attaque des Katangais. Mais la 2e compagnie a disparu.

    Les dirigeants de Kinshasa qui espéraient venir seuls à bout de la rébellion, désillusionnés, se rangent aux exhortations de l’ambassadeur de France André Ross et des colonels Larzul et Gras.

    Quelques heures après avoir reçu le message, le Président Giscard a une longue conversation téléphonique avec le Président Mobutu qui semble moins serein, moins optimiste et qui lui demande, formellement cette fois, d’intervenir.

    Le président Giscard d’Estaing appelle son ministre de la Défense, Yvon Bourges. Par ailleurs, prévenu par l’état-major particulier du chef de l’Etat, le général Guy Méry, C.E.M.A., demande à ses officiers de faire l’inventaire des moyens disponibles.
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