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VENDREDI 19 MAI 1978 APRES MIDI

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VENDREDI 19 MAI 1978 APRES MIDI

Message par LUCIEN le Ven 29 Juil 2016 - 18:04

    A partir de 14 heures, les C-130 belges arrivent sur la base de Kamina. Mais les paras commandos du colonel Depoorter devront encore attendre sept heures et demie pour que le ministre de la Défense Van Den Boyenants transmette aux troupes belges le mot de code déclenchant l’opération Red Bean.

    Après quatre heures de vol dans des conditions éprouvantes de chaleur, d’entassement et de fatigue, suite à des erreurs de navigation du leader zaïrois, les quatre C 130 zaïrois ne sont plus sur l’itinéraire et la formation, disloquée, part à la dérive. Une mauvaise présentation du leader sur la ville oblige toute la formation à faire un passage pour rien avant d’aborder la zone de saut dans l’axe prévu. Le Transall octroyé au colonel Gras comme P.C. volant, piloté par le lieutenant-colonel Bernier, arrive à point pour les récupérer. C’est enfin la lumière verte et les ordres du largueur sont un soulagement pour tout le monde.

    Entre 15 heures 40 et 16 heures, le P.C. et trois compagnies sautent normalement à 250 mètres, sur le terrain de l’ancien aéroclub de Kolwezi alors que les Katangais les attendent à l’aéroport plus au Sud. Mais un avion largue ses parachutistes à 400 mètres.

    Pour le deuxième passage, le premier avion zaïrois est à 250 mètres et il arrive droit dans les sticks des paras largués à 400 mètres, qui se trouvent sur la trajectoire ; in extremis, le pilote donne un magistral coup de manche sur le côté. Puis il se redresse, voyant défiler les coupoles 50 mètres sur sa gauche.

    Par ailleurs, l’adjudant Zingraff, largueur, voit le légionnaire Strata retenu par sa S.O.A. L’adjudant tranche la S.O.A. et le légionnaire, parachutiste civil confirmé, ouvre son ventral.

    En dépit du tour au-dessus de la ville et des conditions acrobatiques dans lesquelles s’effectue le saut, celui-ci surprend les rebelles. Le largage a lieu à moins de 500 mètres des premiers objectifs. Le vent souffle à une vitesse d’au moins 6 mètres/seconde, sans balisage. 50% des hommes tombent dans la zone de saut. Les autres atterrissent dans des arbres, dans l’ancienne ville ou dans la gare.

    La première vague de 381 légionnaires parachutistes va faire face à plus d’un millier de Katangais, sans appui ni soutien santé. Toute la phase initiale de l’opération devient encore plus basée sur l’audace et la rapidité.

    Accueillis par des tirs d’armes automatiques en fin de zone de saut, les parachutistes les neutralisent dès leur arrivée au sol. Un légionnaire portugais, Falero, de la 1ère compagnie, reçoit des impacts de balles dans son pépin.

    Un rapide décompte donne quatre jambes cassées et deux grosses entorses. Plus quinze disparus qui seront retrouvés dans les trois jours. Appliquant strictement la consigne donnée en pareil cas, les légionnaires qui ont été largués trop loin, se cachent sur place.

    Pratiquement, tous les tireurs au L.R.A.C. sont manquants, partis à la recherche de leurs gaines. Leurs engins ont été largués trop tôt ou trop tard et se sont évaporés dans la nature. A la nuit huit d’entre eux manqueront encore. Sept rejoindront dans les 24 heures. Le huitième, le caporal Arnold de la 1ère compagnie, atterrissant loin de son unité, est tué et mutilé dans le jardin d’une villa, sans avoir pu se défaire de son parachute.

        Le légionnaire Lacan, radio de la 3e compagnie, atterrit dans un arbre.

        Les parachutistes rejoignent au plus vite les points de regroupement fixés par compagnie. Les premiers accrochages ont lieu. Les légionnaires se regroupent en un temps record d’à peine quinze minutes, malgré le manque de visibilité dû aux herbes à éléphant et quelques avatars de réception. La 1ère compagnie du capitaine Poulet, la 2e du capitaine Dubos et la 3e du capitaine Gausserès peuvent entamer leur progression vers les objectifs désignés.

        La première phase est une succession d’engagement des trois compagnies de combat, actions violentes de combat de rue dans Kolwezi, menées pour délivrer des civils européens pris en otage ou terrés dans des caves et des greniers. Les compagnies ne se heurtent pas à une résistance organisée ; mais de nombreux accrochages violents opposent les légionnaires à des éléments bien armés des Tigres répartis dans toute la ville. C’est un combat de chefs de section et de chefs de groupes.

    Le capitaine Michel Poulet rassemble ses sections laissant le soin à l’adjudant Hosteins le soin de rassembler la section de commandement. Rapidement la 1ère compagnie fonce vers le lycée Jean XXIII, au sud de la ville, où les rebelles auraient regroupé des Européens. Le lieutenant Rochon, Vert 1, s’engouffre dans l’avenue Lufira ; l’adjudant Pou, Vert 2, avec la section de commandement, remonte l’avenue Gazumby tandis que Vert 3, le lieutenant Puga s’engage dans l’avenue du Collège. En progressant, les légionnaires découvrent un spectacle de carnage et de désolation. La nouvelle se répand dans la rue : hommes, femmes, Européens, Zaïrois mêlés se précipitent sur leurs sauveteurs, les embrassant avec fougue, qui paye largement les légionnaires de toutes leurs fatigues. Les rescapés du massacre ont besoin de parler. Mais les rebelles sont partis et Vert 1 libère une centaine d’Européens parqués dans les caves. Vert 2 anéantit un groupe de rebelles à proximité du lycée. Vert se dirige vers le point Charlie. Les légionnaires sont happés par l’odeur effroyable qui se dégage des cadavres échelonnés, de plus en plus nombreux, le long de l’avenue. Le P.C. rebelle est repéré au point Yankee. Les légionnaires foncent. Quelques rafales, deux ou trois grenades et l’objectif est conquis. Au bilan, deux mitrailleuses MG42, deux postes radio, un drapeau, plus une brassée de documents aussitôt envoyés vers le P.C. régimentaire pour être étudiés par le capitaine Lucien Thomas, O.R.

    La 1ère compagnie trouve un autre groupe d’Européens à Notre-Dame-des-Lumières ; ils sont une quarantaine rassemblés dans l’Eglise autour de leur évêque, un Belge. Le capitaine Poulet leur propose de rejoindre les autres rescapés au lycée Jean XXIII ; ils ont trop peur et refusent de bouger car la fin de la journée approche et que la nuit arrive sans crier gare.

    Larguée en queue de la 1ère vague, la 2e compagnie (Rouge) du capitaine Renaud Dubos est tombée à l’extrême ouest de la zone de saut, dans un endroit boisé. Sa mission est la partie ouest de la vieille ville. Elle doit investir l’hôpital de la Gécamines et la partie ouest du couvent Notre-Dame-de-Lumière. En outre, le capitaine doit s’organiser de façon à interdire le repli des unités rebelles vers l’ouest, en contrôlant solidement la zone des garages de la Gécamines, où il devra récupérer les véhicules indispensables à la motorisation du régiment.

    Sitôt au sol, la 2e compagnie a la surprise de découvrir un bivouac rebelle hâtivement abandonné. Le capitaine lance ses sections sur leurs axes : le lieutenant Raymond (Rouge 2), les sergents-chefs Aoustet (Rouge 3) et Milesie (Rouge 1) s’élancent et manœuvrent comme à l’exercice. L’adjudant Schyns, chef de la section de commandement, se trouve pris sur l’avenue Kasavubu sous un feu violent d’une mitrailleuse lourde ; ses jeunes légionnaires se déplacent comme des kangourous, droit vers le groupe ennemi. Surpris, les Katangais n’insistent pas en dépit de leur supériorité matérielle. Ils décrochent. La route est libre.

    Les légionnaires de la 2e compagnie sont alors tiraillés entre le besoin de réconforter les gens traumatisés qui se jettent au cou et le maintien des règles du combat de rue face aux tirs sporadiques qui viennent de toutes les directions.

    La 3e compagnie du capitaine Rémy Gausserès a pour objectifs l’hôtel Impala, la gare et la Poste au centre de la ville ; la 1ère section du lieutenant Bourgain a reçu la mission de s’emparer de l’hôtel Impala, l’un des P.C. rebelles. Elle fonce et investit l’intérieur de l’hôtel, vide ; le lieutenant a pour mission de retrouver les six coopérants français : aucune trace ; mais les légionnaires sont assaillis par une épouvantable odeur de cadavres en décomposition ; une vingtaine de cadavres d’Africains sont entassées dans des caves. A la recherche des six coopérants français, les légionnaires fouillent en vain l’hôtel. Des culottes de femmes et des soutiens-gorge, manifestement arrachés, traînent sur le sol, ensanglantées.
Toutes les portes ont été déchiquetées à la mitraillette, forcées. La 2e section du lieutenant Wilhelm s’est emparé d’un pont Alpha qui franchit la voie ferrée et domine l’entrée de la Nouvelle ville, commandant les vastes boulevards qui mènent à l’est. Ses tireurs L.R.A.C. sont toujours à la recherche de leurs gaines. Le capitaine donne l’ordre à l’adjudant Ivanov de céder les L.R.A.C. de sa 3e section à la 2e qui contrôle le pont.

    Le capitaine Gausserès, avec la 3e section de l’adjudant Ivanov, avance vers la gare. Un accrochage important se fait entendre, du côté de l’entrée de la Ville nouvelle.

    Plus tard, les légionnaires découvrent dans la cave une vingtaine de clients de l’hôtel Impala. Ils y ont été enfermés dès le premier jour et ont entendu les orgies qui se livraient au-dessus de leurs têtes. ‘’Ils nous faisaient danser nues, dans la salle à manger’’ racontera une rescapée belge, interrogée par la chaine de télévision américaine C.B.S. Les tribus de l’est de Zaïre pratiquent le viol collectif qui fait partie de leurs coutumes guerrières.

    A 15 heures 55, une colonne motorisée katangaise avec deux A.M.L. suivies de plusieurs camions remplis de Tigres venant de l’Est fonce en direction du pont Alpha.

    Les deux automitrailleuses prennent à partie les légionnaires de Noir 2 installés au carrefour et tirent à la mitrailleuse et au canon sur les légionnaires qui se mettent à l’abri dans les remblais. Par chance, la section Wilhelm vient de récupérer son L.R.A.C. et le tireur détruit la première A.M.L. Le second véhicule arrose le pont Alpha de balles ; le légionnaire Sola Terrenzo, excellent tireur au F.M., expédie des rafales courtes et sèches tandis que le caporal Laroche, debout au milieu de la chaussée, pointe son fusil lance-grenades. La seconde A.M.L. s’immobilise à son tour et ses occupants bondissent dans les rues adjacentes. Le reste de la colonne se disperse puis fait demi-tour.

    Une troisième A.M.L. continue de manœuvrer et de tirer puis disparaît.

    Un camion survient dans le boulevard Mobutu. Les F.M. ne le laissent pas s’approcher.

    L’adjudant Ivanov, Noir 3, poursuit sa progression vers le point coté 1476. Il est pris à partie par des rebelles qui tirent en enfilade par les avenues autour de l’Eglise Notre-Dame de la Paix. Le capitaine Gausserès, qui le suit avec son petit commando de commandement, est obligé lui aussi de se jeter dans un fossé et de faire riposter ses radios.

    Le lieutenant Bourgain, Vert 1, quitte l’hôtel Impala et poursuit sa progression plein sud par l’avenue Madula. Il est pris à partie par les rebelles, repérés par le caporal-chef Lombard et le légionnaire Golic. Ces deux tireurs d’élite abattent trois rebelles et récupèrent quatre armes.

    La progression de Noir 1 peut se poursuivre vers le pont Bravo qui commande l’entrée du village indigène Manika. Un feu très nourri, venant d’armes russes, des fusils Kalachnikov, les accueillent. Le lieutenant Bourgain lance l’attaque avec ses trois groupes : le sergent Sablek s’occupe du pont, le sergent Touhami fait face au bâtiment sud qui domine Manika et le sergent Moreau en soutien. Après une volée de grenades à fusil sur les positions ennemies, les rebelles tiennent encore solidement les bâtiments. Bourgain ordonne à Moreau de les déborder par la gauche : Moreau s’enfonce dans le terrain marécageux, franchit la rivière et ouvre le feu sur les éléments rebelles qui tentent de l’empêcher de prendre pied sur les pentes qui mènent à Manika. Bourgain fonce directement sur le pont Bravo avec son groupe de commandement et le groupe Sablek. 4
Désorientés par cet assaut les rebelles ne peuvent pas arrêter Bourgain. Pendant ce temps, les tireurs d’élite du groupe sud du sergent Touhami ont abattu dix rebelles ; le groupe nord récupère sept armes. Mais les Katangais ne s’avouent pas vaincus. S’ils décrochent de l’Ecole technique, ils tiennent solidement la gendarmerie, à proximité du carrefour Victor.

    Le lieutenant Bourgain confie au sergent Moreau la mission de conquérir la gendarmerie. Le caporal Callers parvient à mettre son F.M. en batterie et à prendre en enfilade l’avenue Okito. L’efficacité de ses tirs interdit tout franchissement. Par trois fois, les rebelles tentent de forcer le passage. Trois fois, ils refluent, laissant six cadavres sur le trottoir. Au P.M. et à la grenade, se sergent Sableg entraîne ses hommes qui se battent presque à bout portant. Le légionnaire Jansen, trés bon tireur au P .M. abat plusieurs Katangais. Au total neuf Katangais sont tués et neuf armes récupérées, des fusils automatiques soviétiques. Le groupe sud du sergent Touhami traverse la rivière pour prêter main forte ; un rebelle surgit derrière le sergent et pointe son arme. Plus rapide, le légionnaire Tavari abat le rebelle d’une seule balle de son pistolet, à 15 mètres. La gendarmerie est toute proche ; le groupe de commandement prend pied dans la gendarmerie ; les légionnaires entendent des voix ; il y a des otages. Mais les rebelles acharnés se défendent ; le sergent Moncheaux, adjoint, en abat deux au P.M.
tandis que des tireurs d’élite en tuent deux autres. Avec son radio, le caporal Arthur Maigret, et le caporal-chef Lombart, le lieutenant fonce à l’intérieur du bâtiment ; ils voient deux hommes en tirer un troisième avant de l’abattre ; le caporal-chef Lombart abat un rebelle ; l’autre Katangais dégoupille une grenade et s’apprête à la lancer dans la pièce où sont renfermés les otages ; le lieutenant Bourgain l’abat d’une rafale ; la grenade roule au sol et fuse ; elle explose dans la cour. Les otages sortent dans la cour : des hommes, des femmes et des enfants dans un état lamentable, les vêtements déchirés, le visage ravagé ; quelqu’un entonne la Marseillaise que tous reprennent en chœur ; vingt-six Blancs de toutes nationalités et neuf Noirs.

    Mais de nombreux otages, hommes, femmes et enfants, ont été massacrés à la grenade. Les Noirs sont des militaires zaïrois et l’homme abattu était leur capitaine.

    De violents combats de rue se déroulent dans toute la ville, permettant de délivrer un premier contingent d’Européens retenus en otage ou qui ont pu se cacher. Les rebelles jouent la mobilité et tentent de s’infiltrer entre les positions tenues par les légionnaires qui occupent méthodiquement les objectifs étudiés sur la carte à N’Djili. Les Tigres viennent buter sur les mailles du filet rapidement tendu autour du vieux quartier européen.

        Au prix de petits combats délocalisés très vifs et d’une progression avec des tirs à courte distance à travers les jardins clôturés, sous le harcèlement sporadique des Katangais dispersés, les légionnaires nettoient et occupent l’ancienne ville. Trop occupés à essayer de se regrouper et à contre-attaquer, les rebelles ne touchent plus aux otages. Le 2e R.E.P. a arrêté les massacres.

        De l’autre côté du pont Charlie qui enjambe le lac, les légionnaires découvrent deux corps hachés par des rafales. Ils seront identifiés comme Libanais. Ainsi que les dix cadavres flottant sur les eaux du lac.

    C’est un voyage au bout de l’horreur qui commence pour les légionnaires. Ils découvrent partout des cadavres en putréfaction, des bungalows incendiés ou pillés. Partout, ce ne sont que des rues désertes parcourues par des meutes de chiens errants qui s’acharnent sur les innombrables cadavres abandonnés à même le sol. L’odeur âcre de la mort prend à la gorge. Des essaims de mouches tourbillonnent et s’acharnent sur les corps mutilés, gonflés, hideux. Dans le regard des légionnaires, c’est un sentiment de profond dégoût devant une telle sauvagerie.

    En début de soirée, vers 18 heures, les compagnies coiffent tous leurs objectifs et plusieurs dizaines d’otages séquestrés par des rebelles fanatisés sont libérés ; mais les compagnies découvrent aussi des charniers ; des centaines d’Européens voient la fin de leur cauchemar. Les survivants, terrés depuis des jours, laissent éclater leur joie.

    Ici, c’est le capitaine de Richoufftz, adjoint du commandant de la 1ère compagnie, et les éléments de tête de la 1ère compagnie qui sont accueillis par des familles d’Européens qui, au mépris du danger, se faufilent auprès des légionnaires en pleine action, avec du café.

    La section du lieutenant Raymond intercepte un groupe katangais ; deux rebelles armés tués.

    Vers 18 heures, section par section, la 2e compagnie investit l’hôpital, où tout a été saccagé et détruit. Les légionnaires découvrent à quelques centaines de mètres de là neuf médecins européens terrés dans la cave de la clinique des cadres de la Gécamines : parmi eux, le docteur Himmer, le chirurgien-chef belge, et son collègue français, Delauney, qui ont fait preuve de beaucoup de sang-froid en continuant à opérer tous les blessés qui étaient amenés, rebelles, zaïrois ou européens.

    La 2e compagnie prend alors ses dispositions pour assurer le bouclage face à l’ouest, en couverture du régiment, face à la direction de fuite des rebelles. Pendant toute la nuit, des patrouilles de Rouge et des embuscades prennent à partie des éléments rebelles qui tentent de regrouper ou de s’exfiltrer. Les actions autour de l’hôpital se caractérisent par des combats décentralisés jusqu’au niveau section voire au niveau groupe.

    Un légionnaire de la 2e compagnie est touché par une balle qui lui traverse la poitrine ; son Evasan vers le P.C. n’est pas possible de nuit ; l’infirmier de la compagnie, le caporal-chef Grimberger lui procure les premiers soins et le veille toute la nuit.

    Le médecin-commandant Ferret, médecin-chef du 2e R.E.P., prodigue les premiers soins aux blessés dans le patio car l’hôpital de Gécamines, ravagé, est inutilisable.

    Si la vieille ville a été conquise rapidement, il n’en est pas de même pour la ville nouvelle et la cité Manika qui doivent être nettoyées pâté de maison par pâté de maison. Les capitaines Gausserès, Poulet et Dubos poussent leurs hommes. La progression dans la ville devient de plus en plus difficile. Les Tigres y patrouillent encore en véhicules, alors que les légionnaires sont à pied. Des rebelles tentent de contre-attaquer en s’infiltrant dans le tissu urbain de nuit mais sont stoppés par des embuscades de la Légion. De brefs accrochages mettent en valeur la qualité et le sang-froid des tireurs du 2e R.E.P.

    Le départ de la deuxième vague – 233 hommes – a été retardé à Kamina par des difficultés de transbordement. Lorsqu’elle se présente à 18 heures 45 sur Kolwezi, la nuit est déjà noire.

    La nuit tombe en effet rapidement en Afrique ; aussi le colonel décide-t-il de reporter au lendemain le largage de la 4e compagnie, de la S.E.R. et de la section des mortiers lourds.

    La S.E.R. comporte six sous-officiers et une vingtaine de légionnaires, qui, tous, possèdent le brevet de ‘’Chuteurs opérationnels’’.

    Avec les légionnaires devaient sauter les instructeurs français du 311e bataillon parachutiste zaïrois, fiers de leurs exploits et impatients d’aller les rejoindre, le colonel Larzul, le commandant Capelli et l’adjudant Leclere ; il y a aussi quatre convoyeuses de l’Air aux ordres du commandant Solange Roy.

    A 19 heures 30, les avions se posent à Lubumbashi avec des légionnaires frustrés.

    En fin d’après-midi, le premier C141 américain se pose à Solenzara où des spécialistes de l’U.S. Air Force déplient une antenne mobile pour relier directement la Corse au Q.G. du M.A.C., Military Airtransport Command aux Etats-Unis. Le commandant Govys, chef des services techniques du 2e R.E.P. accueille les aviateurs américains qui vont assurer le transport au Zaïre des moyens logistiques du régiment. En plus de ses camions et de ses Jeeps, des 80 chauffeurs et mécaniciens, le colonel Erulin réclame d’urgence l’envoi d’une citerne d’essence de 8 m3, d’une citerne à eau de 3m3 et du lot ‘’sept’’, les deux camions de réparation de l’unité.

        Ce matériel est trop volumineux pour les C141 ; un coup de fils au M.A.C. et un Galaxy arrive le samedi en Corse. L’efficacité américaine !

        Kamina étant trop encombré par les réfugiés, les Américains choisissent Lubumbashi pour l’arrivée du pont aérien. Ils y déploient une antenne mobile qui permet au colonel Benett de l’U.S. Air Force, auprès de qui est détaché un colonel de l’U.S. Army, d’affiner les possibilités de répondre immédiatement aux demandes logistiques des Français. La piste étant un peu trop courte pour permettre aux C141 Starlifters de se poser à pleine charge à Lubumbashi, les Américains organisent une escale à Dakar où ils déploient une troisième antenne mobile.

        Les gros porteurs décollent de Solenzara avec trois camions, en déposent un à Dakar et deux à Lubumbashi ce qui les amène à faire une rotation supplémentaire entre Lubumbashi et Dakar tous les deux voyages. L’exercice se déroule à la satisfaction commune des légionnaires français et des aviateurs américains.

    Dans la soirée, pour empêcher un éventuel retour des Tigres à la faveur de l’obscurité, sur les ordres du colonel Erulin, les unités se placent en embuscade sur les artères principales et effectuent des patrouilles qui interdisent les tentatives d’infiltration.

    A 20 heures 30, le colonel Erulin installe son P.C. au lycée Jean XXIII, au centre de son dispositif. Déjà de nombreux Européens s’y présente, en dépit des consignes données de rester calfeutrés dans les maisons. Le lieutenant-colonel Bénézit et le capitaine Legrand les accueillent. Ils écoutent les récits de cette semaine infernale, pleins de compassion pour tout ce qu’ont enduré ces hommes et ces femmes, épuisés, hagard, à bout de nerfs.
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