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20 MAI 1978 LE MATIN

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20 MAI 1978 LE MATIN

Message par LUCIEN le Ven 29 Juil 2016 - 18:22

    A 5 heures 30, des rafales claquent : les légionnaires de Rouge 2 sont visés ; Bareda est touché au bras. Une balle traverse le casque de Raymond, lui ouvrant l’arcade sourcilière. Aveuglé par le sang, Raymond est évacué vers l’infirmerie volante où officie le Père brancardier Lallemand.

    A l’aube, vers 6 heures 30, pendant que la deuxième vague du régiment saute à son tour et achève le bouclage de la ville nouvelle : la 4e compagnie du capitaine Bernard Grail, les hommes de la Section d’éclairage et de reconnaissance du capitaine Jean-Claude Halbert et les appuis avec la section de mortiers du lieutenant Tristan Verna sautent sur une zone située à l’est de la ville nouvelle et viennent à la rescousse.

        La mission de la 4e compagnie est de mener une action à revers en direction du carrefour Sierra et du carrefour Tango en fouillant la partie est de la Nouvelle Ville, pour contribuer à la réduction des derniers éléments katangais qui y résistent encore.

        Les sections s’ébranlent par l’avenue Gungu. L’une à droite investit l’ancien P.C. des F.A.Z. L’autre, les bureaux de la société Baron-Levêque. La section du lieutenant Dary découvre un charnier de plus de quarante cadavres, hommes, femmes et enfants, entassés, déchiquetés par les balles et les éclats de grenades. Les légionnaires sont atterrés. Le spectacle est insoutenable, révoltant. Sous les cadavres, l’infirmier trouve une femme qui respire encore.

        La mission de Vert est de foncer au sud de Kolwezi sur la route de Kapata.

        Mais quand le jour se lève, Vert 2 de l’adjudant Pou patrouille toujours l’ouest de Manika en maintenant la liaison avec Noir 1 du lieutenant Bourgain. La ville africaine est déserte, apparemment abandonnée sauf par de petits groupes de rebelles qui ferraillent de temps en temps. Vert 2 s’empare d’une habitation qui se révèle un P.C. En plus d’un poste radio, Vert 2 découvre un drapeau, emblème du F.N.L.C. Par une série d’actions rapides et une succession de petites manœuvres très efficaces, la 1ère compagnie du capitaine Poulet parvient à accrocher de nombreux groupes de fuyards, en abattre quelques-uns et à récupérer une importante quantité d’armes. D’autant plus curieux apparaissent aux légionnaires dix Noirs qui marchent d’un pas allègre, sac au dos. L’adjudant Pou les intercepte et fait fouiller les bagages. Ils contiennent des armes que ces rebelles déguisés y ont cachées après avoir revêtu des hardes civiles.

        La 2e compagnie du capitaine Dubos, à l’ouest de l’Ancienne Ville, reprend sa progression.

        La S.E.R. du capitaine Halbert part vers le Nord, fouille l’ancien camp de la gendarmerie et pénètre dans la cité Forrest.

        La 3e compagnie réussit à prendre pied dans le quartier indigène de Manika ; sa mission est de s’emparer de la totalité de Manika pour ne pas laisser le temps aux rebelles de massacrer les otages. Noir doit nettoyer le quartier maison par maison.

        Le lieutenant Bourgain, avec Noir 1, se dirige vers le carrefour Whisky, quand il est sous le feu de tireurs isolés ; il fait manœuvrer ses groupes, en échelons successifs, mais son avance est très ralentie par la densité et la précision des tirs, pratiquement incessants.

    Le capitaine Gausserès a, lui aussi, des problèmes avec d’autres snipers. Du nord et de l’est de Manika, des tireurs tentent de stopper sa progression ; les balles sifflent aux oreilles des légionnaires qui avancent, bond par bond. Le caporal-chef Hoffmann, un ancien d’Algérie, est en tête de la section de commandement. Brutalement les balles claquent au-dessus des casques. Il réplique au P.M. sur le tireur isolé et l’élimine. Le capitaine s’apprête à occuper l’Eglise protestante, observatoire intéressant.

    Après 7 heures, les parachutistes belges font un atterrissage d’assaut sur l’aéroport de Kolwezi, que le 311e bataillon de parachutistes zaïrois a repris le 17 au soir, en une première vague de 600 hommes venant de Kamina, sous les ordres du colonel Depoorter. Ils commencent à pénétrer dans la zone d’action du 2e R.E.P. Des fonctionnaires de la prévôté militaire accompagnent les paras-commandos pour recenser les rescapés et surtout les morts.

    A 7 heures 38, l’avion du colonel Gras se pose sur l’aéroport et le colonel Gras a une entrevue cordiale avec le colonel Depoorter : les missions sont claires. Celle du 2e R.E.P. est de rétablir la sécurité à Kolwezi ; celle des paras commandos est de récupérer au plus vite leurs ressortissants qui veulent quitter la ville. Les Belges refusent de discuter ; ils appliquent strictement leurs ordres. Pour le colonel Gras, ‘’Evacuer Kolwezi est une monstruosité !’’.

    Après 8 heures, la 3e compagnie a le contact avec les paras commandos, en tenue sombre, coiffés du béret amarante. C’est la compagnie du capitaine de Wulf ; Gausserès a fait le stage capitaine para à l’E.T.A.P. de Pau-Astra, avec lui, l’an passé. Les deux officiers tombent dans les bras l’un de l’autre ; la fraternité d’arme est la plus forte. De Wulf a pour tâche de rassembler tous les Européens qui restent au centre de Kolwezi puis, par la route, de les évacuer sur l’aéroport dans les délais les plus brefs. Il a pour consigne de ne s’occuper ni de Manika ni des rebelles. Les deux compagnies se séparent rapidement.

    A la même heure, le lieutenant-colonel Malherbes, adjoint du colonel Depoorter, vient rendre visite au colonel Erulin. Ils entérinent surla carte la répartition organisée par le colonel Gras à l’aéroport. Les Français demandent aux Belges d’occuper la ville nouvelle où les Katangais tiennent encore la partie nord. Ce qui leur permettra de ramener tous les légionnaires sur la ville ancienne où une offensive de l’ennemi, qui paraît s’être regroupés au nord de l’hippodrome, est crainte. Mais les Belges ne respectent pas ce gentleman’s agreement. En effet, les soldats belges ont parmi leurs objectifs prioritaires de s’assurer l’hôpital de la Gécamines.

    Le capitaine Gausserès, son adjoint le lieutenant Banal et l’adjudant-chef Hessler avec la section de commandement foncent sur l’Eglise ; les légionnaires investissent le jardin qui entoure l’Eglise et se postent en protection. L’adjudant-chef grimpe sur une échelle prêtée par le pasteur et mise en place par le caporal Vittone, l’ordonnance du capitaine.

    A ce moment, des rafales claquent ; les légionnaires se font allumer par les paras commandos, bien qu’ils soient les seuls à porter un casque. L’adjudant-chef donne de la voix et tout se calme.

    La progression reprend ; les légionnaires avancent en zigzags, par bonds.

    A 9 heures, ils arrivent à réaliser la liaison avec la section du lieutenant Bourgain : un joli record. Deux heures pour parcourir neuf cents mètres. Cela tire encore au point Whisky ; les corps des rebelles abattus par les tireurs d’élite de Noir 1, qui font mouche à trois cents mètres avec leur fusil à lunette. Ces tireurs sont un des facteurs essentiels du succès. A cette distance, les rebelles ne peuvent pas se mesurer aux légionnaires.

    Sur une piste, un groupe de paras commandos belges se hâte vers la ville, sans un regard pour les légionnaires de l’adjudant Armand Schyns de la 2e compagnie qui ratissent, en pointe, essuyant des coups de feu venus des bosquets à l’ouest de l’hôpital.

    La nouvelle de l’évacuation s’est propagée dans la ville à la vitesse d’un incendie. Le mot ‘’évacuation’’ et sa puissance évocatrice ont achevé de semer la panique dans la population. Les gens arrivent à présent en rangs serrés aux portes du Lycée. Le point de regroupement des Européens retenu par les Belges et le lycée Jean XXIII, P.C. du colonel Erulin. Celui-ci charge le capitaine Legrand d’accueillir les gens et de procéder à un premier tri des nationalités, recenser les noms, le nombre de personnes composant les familles. Mais il faut trouver au plus vite des vivres, des médicaments et de l’eau. De l’eau surtout.

    A onze heures, le Président Mobutu, en tenue camouflée et casquette de général, se pose impromptu sur la base de Kamina. Il serre les mains des aviateurs français et zaïrois alignés sur la piste sous les ordres du lieutenant-colonel Kumpani et s’enquiert des conditions dans lesquelles se font les évacuations. Il parle avec certains rescapés.

    A midi, le premier officier de paras commandos se présente au P.C. du lycée : un major. Il est seul. La population lui réserve un accueil glacial. Sa mission est d‘évacuer tout le monde.

        Depuis le matin, des combats sporadiques se déroulent dans et autour de la ville conquise. Des centaines d’armes, des dizaines de mines ont été trouvées près des rebelles abattus.

        Le colonel Erulin a finalement déménagé du Lycée XXIII, envahi de réfugiés, pour le transporter à l’hôtel Impala, sous une tente faite d’un parachute.

        Au cours d’un briefing, le capitaine Lucien Thomas précise que ce sont onze bataillons de 300 hommes qui ont été engagés dans cette seconde guerre du Shaba ; les Katangais disposaient de nombreuses armes lourdes, notamment des mortiers chinois de 82, des mortiers français de 81 et des mortiers commandos de 60. Le commandant de l’opération était le major Mufu. Cette opération Colombe avait trois objectifs : 1. s’emparer de Kolwezi. 2. Lever une milice sur place. 3. Attendre les renforts d’Angola pour poursuivre l’offensive vers l’est, par Likasi et Lubumbashi. Il restait dans la ville de Kolwezi plus d’un millier d’hommes armés, formés partie en bataillons réguliers katangais de 300 hommes et partie en milices populaires levées sur place dans la tribu des Lundas. L’ennemi était équipé d’armes légères d’infanterie (Kalachnikov et M16), de mitrailleuses lourdes et de mortiers (Brandt 81, chinois de 82 et commandos de 60)
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