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20 MAI 1978 APRES MIDI

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20 MAI 1978 APRES MIDI

Message par LUCIEN le Ven 29 Juil 2016 - 18:24

      A midi, le colonel Depoorter vient à son tour voir le colonel Erulin. Le chef de corps du 2e R.E.P., ‘’grand seigneur’’, lui remet la responsabilité des deux villes européennes, l’ancienne et la nouvelle. Il rameute ses légionnaires sur la périphérie de Kolwezi pour parer à toute éventualité.

        Les premiers Européens sont évacués à partir du terrain d’aviation de Kolwezi.

        Dans l’après-midi, la 4e compagnie mène une reconnaissance offensive à destination du nord-ouest, avec la voie ferrée comme main courante. C’est la troisième section du sergent-chef Cas (Gris 3) qui ouvre la marche. Elle arrive à proximité de la gare, puis l’occupe sans coup férir. La section Gris 2, commandée par le lieutenant Dary, se porte en tête. Du poste d’observation, le sergent-chef Cas repère avec ses jumelles une centaine d’hommes en uniforme, rassemblés sur la route. Les rebelles essaient d’encercler Gris 3 et la fusillade se déclenche ; de sa position élevée, Gris 2 peut appuyer Gris 3. Le légionnaire Susser, tireur d’élite de la 4e compagnie, allume le tireur d’une mitrailleuse rebelle avec son F.R.F.1, fusil de haute précision à lunette. Le mitrailleur disparaît. Quelques minutes plus tard, l’arme se met à tirer. Posément, Susser vise à nouveau et tue le second mitrailleur. Il recommence une troisième fois sur le Katangais qui cherche à récupérer la mitrailleuse. Il n’y aura pas de quatrième tentative.

        En abordant l’usine de Métal Shaba, à cinq kilomètres au nord de la ville nouvelle, les gris se heurtent à une forte résistance bien organisée : un ennemi de la valeur de deux compagnies renforcées par des mortiers, soit 300 hommes environ. Les rebelles réagissent aux actions de Gris. Des mitrailleuses arrosent les positions tenues par les légionnaires. Le sergent-chef Daniel, jeune sous-officier aux qualités exceptionnelles, est atteint. Il meurt presque aussitôt. Le caporal Prudence est grièvement blessé. Le capitaine Grail rend compte à Soleil.

        Depuis son P.C. à l’Impala, le colonel Erulin constitue un sous-groupement dont il confie le commandement au capitaine Coevoet, qui installe son P.C. roulant dans une camionnette 404 débâchée conduite par un Européen de Kolwezi, qui n’a pas envie de se laisser évacuer, le caporal Cury occupant la place de passager : la 2e, qui vient d’achever le nettoyage de la périphérie ouest, la S.E.R. du capitaine Halbert, la section de mortiers de 81 du lieutenant Verna, et la 4e dont les deux sections de tête sont fixées devant l’usine de Métal Shaba. Un appui aérien est demandé. La motorisation des unités avec des véhicules récupérés est rapide. La 2e compagnie gagne le lieu des combats avec son convoi : une camionnette qui sert de véhicule de liaison au capitaine Dubos, hérissée d’antennes, quatre énormes Magirus, orange, récupérés au garage de la Gécamines, transportant des légionnaires armés jusqu’aux dents, sans oublier un camion-citerne récupéré par l’adjudant de compagnie Schyns.

        En tête du convoi de la 2e compagnie, un civil tient le volant. Un colosse d’environ 45 ans, Hollandais au teint de brique, à la placidité de marbre. Les légionnaires l’ont découvert à l’hôpital. Mécanicien à la Gécamines, il s’est offert à remettre les camions en marche. Il a voulu accompagner la 2e compagnie. Son seul défaut, il ne parle pas un mot de français. Comme il lâche de sonores Got verdommt ! les légionnaires l’ont baptisé Godverdomme. C’est lui qui, le pied sur l’accélérateur, met un point d’honneur à accomplir la mission que lui ont confiée les capitaines Coevoet et Dubos : les guider au plus court vers Métal-Shaba. En moins d’une demi-heure, il les amène à destination et au plus près de l’accrochage.

        La S.E.R. et la section de mortiers se portent sur la crête qui domine le village tandis que la 2e compagnie se prépare à donner l’assaut aux positions rebelles. La S.E.R. du capitaine Halbert escalade en souplesse la crête tenue par les Katangais, regroupés autour d’une mitrailleuse ; les chuteurs OPS balaient en courant les Katangais qui s’y trouvent et récupèrent la mitrailleuse. Les rebelles sont bousculés et doivent se replier précipitamment. En dessous, protégés par la contre-pente, le lieutenant Verna installe ses mortiers et les légionnaires règlent leurs tubes. Sur les positions rebelles en lisière du village. Quatre coups de réglage et les coups au but sont spectaculaires. Le capitaine Dubos a fait avancer ses sections en limite de sécurité. La progression à pied en direction de la base d’assaut se fait à partir d’un oued qui permet de s’infiltrer en sûreté. Les berges de cet oued ressemblent à des escaliers, avec des banquettes de près de deux mètres de haut. Ce qui pose problème aux légionnaires de petite taille.

        La fin du tir des mortiers de 81 marque le déclenchement de l’assaut de la 2e, appuyée par la 4e et la S.E.R. ; quelques obus tombent encore derrière la 2e ; au grand soulagement du lieutenant Verna, il ne s’agit pas des siens, mais de ceux tirés par des pièces katangaises, qu’il tente alors de neutraliser. Les légionnaires de sections du lieutenant Raymond et des sergents chefs Milesie et Aoustet s’élancent et franchissent en quelques secondes les cinquante mètres qui les séparent des positions ennemies. Ils font feu de toutes leurs armes à la fois. L’assaut ne s’arrête que dans le village et oblige l’ennemi à décrocher : les Tigres sont bousculés.

        De la crête nord, les tireurs d’élite de la S.E.R., opèrent sans arrêt. Ils neutralisent une mitrailleuse 12,7 en arrière des positions ennemies puis, sans désemparer, fauchent les rebelles qui s’enfuient vers le nord.

        Les Tigres s’enfuient dans une quinzaine de camions qui les attendaient plus loin sur la route de Mutshtsha, laissant 60 à 80 des leurs sur le terrain et la plus grande partie de leur armement ; notamment les mortiers, canons sans recul et mitrailleuses.

        Le capitaine Coevoet demande au commandant de l’Armée de l’Air Amice et au capitaine Thomas de diriger un Mirage V pour intercepter lui aussi les fuyards. Guidé par le capitaine Thomas dans une Alouette III zaïroise, le Mirage, piloté par un officier français,fait une passe sur la rame des véhicules ennemis repérés en arrière de l’usine de Métal Shaba. Mais dès la première rafale, ses canons s’enrayent. Le 2e R.E.P. est encore seul.

        Trois véhicules venant du Nord, de la direction de l’usine Métal Kat, se dirigent vers la S.E.R. Le capitaine Halbert les laisse s’approcher puis ouvre le feu. Les Katangais abandonnent leurs voitures en flammes et se dispersent dans les hautes herbes. Les légionnaires de la S.E.R. les pourchassent au F.M. tandis que la section des mortiers règle en toute hâte un tir de mortier.

        A 18 heures, la section du sergent-chef Aoustet aperçoit une voiture, tous feux éteints ; une grenade anti-char détruit la voiture et des rafales de l’A.A.52 alignent les rebelles cherchant à s’enfuir. Quatre Tigres sont abattus. Quatre fusils sont récupérés ainsi que deux L.R.A.C.

        La deuxième vague de parachutistes belges arrive sur l’aéroport de Kolwezi avec le charroi militaire, des véhicules pour aller chercher les Européens isolés en brousse.

        Le 1er Bataillon belge occupe la vieille ville, le 3e occupe la nouvelle ; le 2e R.E.P. occupe le quartier de Manika et de la gare.

        Pour la première fois, depuis une longue semaine, le calme règne sur Kolwezi. La population peut sortir au grand jour, échanger des nouvelles, commencer à dresser un bilan. Celui-ci est lourd. Sans arrêt, les légionnaires découvrent de cadavres, isolés ou groupés en charniers, martyrisés, brûlés ou découpés, témoins d’une sauvagerie aveugle.

        Même si son régiment a réussi à reprendre en quelques heures, le contrôle de la ville, le colonel Erulin sait qu’il n’en a pas fini avec la rébellion. Il lance des reconnaissances offensives en direction des cités périphériques.

        Dans la brousse qui entoure la ville, les légionnaires découvrent une hallucinante troupe de femmes et d’enfants. Des Belges. Elles sont à moitié nues, complètement hagardes. Il y a des jours et des nuits qu’elles se cachent dans les herbes à éléphant, terrorisées, sentant le folie monter en elles, avec la faim, la soif, serrées les unes contre les autres, essayant d’organiser l’invraisemblable, ne pouvant rien faire pour les enfants. Si ce n’est de les empêcher de pleurer, de faire de bruit pour ne pas âtre découverts. Et être tuées elles aussi, pire encore, avant de mourir comme leurs maris, qui ont tous été assassinés.

        Dans la soirée, l’ambassadeur André Ross parle au téléphone au Président Valery Giscard d’Estaing. Toute la journée, le général Claude Vanbremeersch s’est tenu en contact téléphonique avec le Premier ministre belge Léo Tindemans. Français et Belges s’informent étroitement du déroulement des opérations qui, pour n’être pas combinées, n’en sont pas moins coordonnées.
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